Accueil

la vision du monde judéo-chrétienne

LE CONCEPT DE « CRÉATION ».

Le Dieu de la vision chrétienne du monde est existant en lui-même et par lui-même. Il est l’être dont la nature même est
d’exister. Dieu, Yawve ou Jéhovah est « celui qui est », c’est le nom qui définit le mieux sa nature. Ce n’est plus seulement un premier moteur qui cause les changements, les mouvements ou un
dieu potier qui façonne une matière préexistante comme l’enfant s’amuse avec la glaise qu’il a reçue en cadeau. Ici la glaise est également créée comme le reste de la création.

LE MONDE EST CONTINGENT

Tout ce qui existe n’existe que de l’existence communiquée par Dieu.

Donc tout ce qui existe, le monde sublunaire des Grecs, les astres, lune, soleil, etc. la matière supposément éternelle, l’ « avec quoi indéfini » de toutes choses,
tout cela est frappé de contingence, existe effectivement mais aurait pu tout aussi bien ne pas exister. Tout n’existe que par l’existence d’un Autre qui,
lui existe par lui-même, dont la nature est d’exister et d’être principe de tout. . Dieu est le seul Être nécessaire au principe de toute chose.

L’unité de l’espèce humaine.

L’unité du principe d’être entraîne logiquement l’universalité de la condition humaine, tous les hommes sont égaux en droits, « ni juifs, ni barbares, ni esclaves ».
Cette conclusion logique se manifestera progressivement et revêtira sa forme définitive dans le Nouveau Testament. La réalité globale est à trois niveaux : l’univers est pour
l’homme et l’homme pour Dieu.

Et le problème du mal ???

Au plan logique, le problème du mal est la principale difficulté que l’on soulève face à ce principe mis de l’avant que tout dépend d’un Être infiniment bon et
tout-puissant. Le mal, autant dans la nature que dans l’homme, s’expliquait facilement avec les divinités païennes en mal de puissance, qui avaient fait quand même leur possible, ou par
l’existence de divinités essentiellement mauvaises ou par les conflits entre les divinités rivales ou plus simplistes, par la maladresse du sorcier qui se
mêlent dans son rituel ou ses formules.

ORIGINE DU MAL.

La solution proposée est proprement théologique et relève de la foi chrétienne. Les premiers chapitres de la Genèse présentent
de façon mythique une solution au problème du mal, solution qui rejoint par certains aspects l’expérience la plus banale de l’homme.

LA CHUTE DANS LE MAL.

Le monde actuel et l’homme ne sont pas dans l’état primitivement voulu par Dieu (Paradis terrestre)

Le Mal ou cette situation vient de la liberté de l’homme (et non de la matière, ni de Dieu (sinon pour avoir créer l’homme libre). La divinité
aurait joué à fond le rôle de la liberté.

Antérieurement, une créature angélique a également mal usé de sa liberté en refusant sa condition de créature et s’est posé en
rival du Dieu créateur tout en existant de l’existence donnée par Dieu.

Essence de la faute : Refus de la condition de créature (« Vous serez comme des dieux
»)

En conséquence, l’homme est une créature blessée et désaccordée comme un vieux piano.

L’homme est un être conflictuel, tiraillé. La liberté de l’homme est difficile comme si l’homme souffrait de dichotomie : des tendances opposées
vers le mal et le bien. Une liberté qui va à hue et à dia. Paul de Tarse: « Il y a deux hommes en moi : Je fais le mal que je ne veux pas et je ne fais pas
le bien que je veux »

Philosophiquement, tout ce discours, quant à l’homme du moins, nous ramène à cette vérité d’expérience fondamentale que l’homme est en puissance des contraires,
que nos instincts ne sont pas spontanément raisonnables, c’est-à-dire qu’ils sont souvent en conflit avec la raison. « Que celui qui a expérimenté le
contraire, qu’il se lève ou qu’il se taise.. »

Le mal physique.

Le déluge, entendez le mal physique ou les désordres de la nature sont présentés comme une punition ou un
châtiment des fautes de l’humanité par un dieu maître de la nature.

Plus tard la Bible présente une problématique beaucoup plus subtile quant au mal moral.

Qu’en est-il du Juste souffrant ???

Et le salut : l’homme racheté et aidé.

Ici, les données relèvent non pas de la philosophie mais de la foi chrétienne et de la théologie.

Cependant elles ont eu un impact considérable sur la culture, les meurs et l’art là où le christianisme s’est répandu.

Et le salut ?

L’homme ne peut donner sa pleine mesure par lui-même, il ne peut s’élever en se tirant par les cheveux.. Il a besoin d’une aide et d’un secours extrinsèque.

Le salut est donné en Jésus-Christ. « Je suis la Voie, la Vérité, la Vie »

COMPARAISON ENTRE LA VISION DU MONDE PRIMITIVE ET LA VISION JUDÉO-CHRÉTIENNE

Les traditions religieuses peuvent évoquer par bien des aspects, du moins superficiellement,

ce qui a été dit de la mentalité primitive.

Il suffit cependant d’aller un peu plus au fond des choses pour faire apparaître des distinctions importantes.

Donc ici une petite comparaison de plusieurs traits antithétiques :

VISION PRIMITIVE

(comme il a déjà été indiqué, cette vision primitive peut s’appliquer à bien des pratiques modernes)

VISION JUDÉO-CHRÉTIENNE

(s’applique également aux religions monothéistes)

ANIMISME et ethnocentrisme

Les forces de la nature sont divinisées et en conséquence sont adorées. Elles sont pour l’homme et elles livrent des messages à l’homme.

L’univers est désacralisé.

Le divin est hors de l’univers matériel.

L’univers est pour l’homme et l’homme pour Dieu.

POLYTHÉISME OU PANTHÉISME.

Tout devient Dieu. Les dieux partout…

même dans la Grèce de Homère et la Rome Antique.

Monothéisme

Une des grandes originalités de la religion juive : à partir du 12ième siècle av. J.-C. le peuple devient farouchement monothéiste, à la différence de tous les peuples environnants. Ce
monothéisme se perpétuera dans le christianisme et l’Islam

ANTHROPOMORPHISME.

L’homme se projette dans la nature. Les divinités ont forme humaine.

Dans la religion juive et chez les Musulmans, en raison du danger de réduire la transcendance de la divinité et pour ne pas succomber à l’anthropomorphisme, interdiction de faire des
statues, des « idoles » ou des représentations de la divinité.

MAGIE

Certains mots ou formules ou gestes ont un pouvoir efficace par eux-mêmes. Pouvoir des gris-gris ou amulettes ou cristaux…

Interdiction de la magie.

La parole n’a aucune efficacité par elle-même.

La prière est considérée comme efficace dans la mesure où elle est une invocation ou une supplication à celui qui a le pouvoir par Lui-Même.

Les médailles n’ont de valeur que par la prière qu’elles traduisent.

L’homme est livré à l’arbitraire, aux pouvoirs magiques : sorcellerie, mauvais sort, superstitions, mauvais esprits, etc.

L’homme est soumis à un Dieu Providence ou Vengeur.

Cependant possibilité d’intervention limitée d’une créature puissante et maléfique : Satan ou les démons.

Clairvoyance et devins

Certains êtres humains privilégiés ont par eux-mêmes le pouvoir de voir l’avenir, de voir à distance, d’interpréter des signes arbitraires…cartes, astres, thé, tarot, etc…

Seul l’être suprême, parce que hors du temps, peut voir l’avenir…

Et ceux à qui (Prophètes selon la tradition juive) Il le révèlera…

La souffrance est purement négative et fruit de mauvais sort ou de volonté malveillante.

Dans le christianisme la souffrance peut avoir valeur positive et rédemptrice.

COMPARAISON ENTRE LA VISION GRECQUE DU MONDE ET LA VISION JUDÉO-CHRÉTIENNE

Quand on regarde la vie de Socrate, quand on lit Platon ou Aristote, il est bien facile de voir des similitudes sinon des influences cependant la vision du monde
judéo-chrétienne se distingue de la vision grecque par des points importants.

VISION GRECQUE

VISION JUDÉO-CHRÉTIENNE

MONDE ET DIVINITÉ

Les dieux, la divinité, le Bien ou l’Acte pur forment le monde à partir d’une matière éternelle préexistante.

Dieux artisans.

La matière comme plasticine universelle.

Dieu créateur à partir de rien.

Tout n’existe, matière y comprise, que par Dieu.

RAPPORT ENTRE LES DIEUX, LE MONDE ET L’HOMME

a. Religion populaire : l’homme est ballotté entre des dieux qui lui veulent du bien et des dieux qui lui veulent du mal.

Multiplication des temples. On a même la précaution d’en élever « au Dieu Inconnu »

de peur d’en rater un.

b. (Platon) Rapport de modèle à modelé. Idéal : à partir du modelé arriver à penser le modèle qui représente l’absolu.

c .(Aristote) L’absolu (qu’il nomme Acte pur) est le foyer d’attraction vers lequel tout ce qui existe tend ( fin ultime). Il est principe de tout mouvement ou changement dans le
monde en agissant comme cause finale.

a. Un seul Dieu qui est Providence. Un Dieu personnel.

(quasi rival en Satan..!)

b.) (vs Platon) Rapport entre être nécessaire (créateur) et être contingent (créé)

Un Dieu Personnel qui est Amour et Connaissance.

Les « idées »de Platon sont autant d’idées potentielles dans l’Intelligence créatrice.

c.) (vs Aristote) Un Dieu personnel qui est à la fois cause efficiente et cause finale.

« Je suis l’Alpha et l’Oméga »

Cause de tout l’être en profondeur (les mondes sublunaires, les corps astraux, etc..)

ORIGINE DU MAL

Le mal moral vient de l’ignorance (Socrate)

Le mal physique vient des limitations de la matière et des résistances qu’elle oppose aux « Idées » ou aux divinités.

Le mal moral a pour cause la mauvaise volonté, la faute, l’orgueil « Vous serez comme des dieux ». Refus de la condition de créature.

Le mal physique est en dépendance du mal moral (sortie du paradis terrestre)

VALEUR SUPRÊME

La « connaissance » qui conduit à la vertu et à la « sagesse ».

Adoration et reconnaissance de sa condition de créature.

L’amour de Dieu et du prochain.

La « sainteté ».

LE STATUT DE L’HOMME

Deux niveaux : le citoyen grec et les esclaves.

Unité de la condition humaine.

« Parmi vous il n’y a plus ni……. »

Les possibilités de l’homme

Relative confiance dans les possibilités de l’homme.

Modestie dans les ambitions

Relatif pessimisme (homme blessé). Besoin d’aide pour pouvoir donner son maximum (péché originel et grâce).

Possibilité de rencontre interpersonnelle avec l’Absolu de l’Être (ou condamnation)

Visions Du Monde

Valeur fondamentale

Image-Clé du monde

Source principale du mal

Prototype du héros

Figure-clé historique

primitive

Identification participation et animisme

Anthropocentrisme

Homme immergé dans le monde

Volonté extrinsèque

Puissance maléfique.

Sorcellerie

Sorcier

mage

aucune

grecque

Distanciation

L’homme face au monde et l’interrogeant

La caverne de Platon.

Le monde comme reflet…

La matière comme limite de toutes choses et du pouvoir de la divinité

Le sage grâce à la réflexion

SOCRATE

Judéo-chrétienne

Adoration

et FOI religieuse

Le monde un livre qui parle de dieu

LA FAUTE

mauvais usage de la liberté

LE SAINT

LE CHRIST

Saint Francois d’Assise

18° Siècle des lumières

La connaissance

L’encyclopédie

L’obscurantisme

Le savant

Voltaire

Aujourd’hui

L’argent

Internet

Le terrorisme

Selon vous ?

Selon vous ?